Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR)

L’OITAR, faisant partie de la franc-maçonnerie à tendance spiritualiste, se concentre sur le travail « à la gloire du Grand Architecte de l’Univers », un symbole central dans ses pratiques. L’Ordre regroupe 2000 membres dans 90 loges.

Créée dans le sillage des événements de 1968, l’OITAR se distingue par son approche libertaire, ou « libératif », une philosophie qui influence profondément sa structure et ses pratiques. Cette orientation se manifeste de plusieurs manières :

  1. Structure fédérative : L’OITAR est structurée comme une fédération de loges plutôt qu’une obédience, ce qui implique une plus grande autonomie pour chaque loge.
  2. Souveraineté des loges : Chaque loge jouit d’une souveraineté, à condition de respecter la « stricte observance du rite ». Cela garantit une certaine uniformité dans les pratiques tout en permettant une certaine flexibilité au niveau local.
  3. Reconnaissance des maçons : L’OITAR reconnaît ses membres non pas sur la base de leur appartenance à une obédience ou un ordre spécifique, mais plutôt sur leur état de maçon, incluant la validité de l’initiation et la régularité par rapport à leur loge.
  4. Unanimité des votes au vegré de maître : La recherche de consensus est fondamentale, chaque décision importante au degré de maître nécessitant l’unanimité.
  5. Pratique du Rite Opératif de Salomon : Ce rite spécifique à l’OITAR, composé de trois degrés et de six degrés d’ampliation ou de perfectionnement, met l’accent sur la pratique du symbolisme, le perfectionnement individuel et collectif, et la fraternité entre les membres.

En plus de ces caractéristiques, l’OITAR et le Rite Opératif de Salomon se distinguent par leur pratique particulière de l’expression orale. Cette pratique vise à améliorer la compréhension du langage symbolique et de la pensée analogique, essentiels en franc-maçonnerie. L’expression orale, requise de tous les membres en loge, concerne les travaux symboliques et se fait sans support papier, contrairement au rituel qui est lu. Cette approche renforce l’engagement et la compréhension profonde des enseignements et des symboles maçonniques.

Histoire de l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR)

L’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR) a été créé en janvier 1974 à l’issue d’une longue période de préparation et de réflexion. Cette initiative a été principalement menée par Jacques de La Personne, un ancien Grand Orateur adjoint du conseil de l’ordre (1970-1971) et président de la commission des rituels du Grand Orient de France (GODF), assisté par huit autres membres du GODF. L’inspiration pour créer l’OITAR provenait d’une volonté de se reconnecter avec les pratiques traditionnelles des anciennes fraternités de métiers, telles que les compagnonnages en France.

Jacques de La Personne, en tant que « Vénérable » de la loge « Les Inséparables du progrès » du GODF, a découvert une version très édulcorée du Rite Français, connue sous le nom de « cahiers bleus ». Désireux de renouer avec une expression symbolique plus profonde, il a entrepris des recherches approfondies dans les archives du Grand Orient de France à Paris. Il a étudié les formes anciennes du Rite Français, dérivées du rite des « modernes » de la Grande Loge de Londres, remontant à l’époque de la Constitution de la franc-maçonnerie spéculative (1717). Devant la perte progressive de la richesse symbolique du rituel, il s’est lancé dans la création d’un rite en puisant dans les sources traditionnelles du Rite Français, du Rite Émulation, du Rite d’York et du Rite Ecossais Rectifié, entre autres. Ce projet a abouti à la formulation d’un rite composite, le Rite Opératif de Salomon.

Pour mettre en pratique ce nouveau rite, Jacques de La Personne a obtenu du GODF la création d’un nouvel atelier, la loge « Les Hommes », en 1971. Mais le cadre du Grand Orient s’est avéré trop restrictif pour cette initiative. En 1973, Jacques de La Personne et ses collègues ont formé la loge « Les Fondateurs », la première loge de l’OITAR. Le succès de cette loge a mené à la création de cinq autres ateliers, qui se sont réunis en fédération de loges au sein de l’OITAR en 1974.

L’OITAR défend une approche traditionnelle et initiatique de la franc-maçonnerie, enracinée dans les « anciens devoirs » et les « anciennes charges ». Ses travaux se concentrent sur le développement moral et spirituel d’hommes et de femmes « libres, de mœurs strictes et de bon renom », conformément aux Constitutions d’Anderson. Cette approche symbolique met l’accent sur les valeurs essentielles de la franc-maçonnerie et vise à perpétuer ses traditions et enseignements les plus profonds.