Grande Loge Féminine de France (GLFF)

La Grande Loge Féminine de France (GLFF), première obédience maçonnique féminine dans le monde, a connu une expansion remarquable depuis sa fondation. En 2009, elle rassemblait environ 14 000 membres, réparties dans plus de 400 loges en France et à l’international, illustrant son influence croissante et son engagement dans le développement de la franc-maçonnerie féminine.

La GLFF a joué un rôle clé dans la propagation de la franc-maçonnerie féminine à travers le monde, en particulier avec la création de deux structures : la Rose des vents (pratiquant le Rite écossais ancien et accepté) fondée en 1977, et Le Creuset bleu (Rite Français). Ces loges ont une mission spécifique de promouvoir et de diffuser les principes et les pratiques de la franc-maçonnerie féminine au-delà des frontières françaises.

Cette influence internationale est également manifeste dans la création d’obédiences féminines indépendantes dans plusieurs pays, toutes inspirées et soutenues par la GLFF. Ces obédiences incluent la Grande Loge Féminine de Suisse (1976), de Belgique (1981), d’Italie (1991), et du Portugal (1997), ainsi que la Grande Loge Féminine Symbolique du Venezuela (2005), la Grande Loge Féminine d’Espagne (2005), et la Grande Loge Féminine de Bulgarie (2018). Ces développements témoignent de l’impact significatif de la GLFF dans la promotion de la franc-maçonnerie féminine à l’échelle mondiale.

Par ailleurs, la présence de la GLFF sur la scène européenne est renforcée par son Institut Maçonnique Européen à Bruxelles, créé en 2008. Cet institut vise à défendre et diffuser les valeurs humanistes chères à la GLFF, notamment à travers des activités de sensibilisation, de formation et de représentation au niveau européen. Cela reflète l’engagement de la GLFF non seulement en tant qu’obédience maçonnique, mais aussi en tant qu’acteur influent dans la promotion des idéaux humanistes et égalitaires au sein de la société contemporaine.

Histoire de la Grande Loge Féminine de France (GLFF)

La période post-Seconde Guerre mondiale marque un tournant décisif dans l’histoire de la franc-maçonnerie féminine, avec le convent de 1945 présidé par Anne-Marie Gentily, réaffirmant la résilience et l’engagement des femmes franc-maçonnes. Est fondé l’Union Maçonnique Féminine de France.

En 1952, l’Union Maçonnique Féminine de France se transforme officiellement en GLFF, marquant ainsi son indépendance et son identité propre au sein du paysage maçonnique. Cette évolution est suivie en 1959 par l’adoption du Rite écossais ancien et accepté (REAA) en remplacement du Rite d’adoption (qui résultait des Loges d’adoption où se réunissaient les femmes et qui étaient sous la tutelle de loges masculines de la Grande Loge De France, dont elles portaient d’ailleurs le nom).

Durant les années 1960, la GLFF connaît une expansion remarquable, avec la création de 21 loges en France et une en Suisse, à Genève, nommée « Lutèce ». Cette période de croissance se poursuit dans les années 1970, où 76 nouvelles loges voient le jour en France, en Suisse, et en Belgique, témoignant de l’attrait croissant de l’obédience auprès des femmes en quête d’un espace de réflexion et de fraternité.

Au cours de cette même décennie, la GLFF s’ouvre à la diversité des pratiques rituelles. En 1973, elle intègre le Rite français, avec la remise de la patente par le Grand Orient de France, et inaugure sa première loge « Unité » sous ce rite, marquant une étape importante dans l’élargissement de son spectre rituel.

Parallèlement, en 1972, la GLFF établit le Suprême Conseil Féminin de France, chargé de la gestion des hauts grades du REAA pour ses membres. Cette initiative souligne l’importance accordée par l’obédience à la progression initiatique et au développement spirituel de ses membres.

En 1974, une étape supplémentaire est franchie avec la création à Lyon de la première loge féminine travaillant au Rite écossais rectifié, avec le soutien de frères de la GLNF-Opéra (aujourd’hui GLTSO). Cette avancée est formalisée en 1980 lorsque le Grand Orient de France délivre officiellement la patente pour ce rite.

Ces développements successifs reflètent l’évolution de la GLFF vers une obédience maçonnique féminine moderne, diversifiée et engagée, illustrant son rôle de pionnière dans le paysage maçonnique français et international.